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Article de la Gazette

Le Monde d'Eforom : Episode 2 : Un chef d'état... pas comme les autres

Ils n’avaient pas mangé et ne s’étaient même pas reposés. Dylan les avait laissés à la lisière de la forêt, puis avait disparu dans l’obscurité.
Jivé s’était précipitée chez elle, avait pris quelques affaires au cas où le voyage serait long, et avait rejoint Côme à l’autre bout de la ville, où Jonatanio, le marchand venu de SdA, se trouvait encore.
Côme, qui n’avait aucun lien de parenté avec Jivé et Powun, n’avait pas hésité un seul instant à leur venir en aide, malgré les dangers qu’ils rencontreraient sûrement durant leur voyage.
Le soleil se levait à peine, perçant à travers les quelques nuages qui persistaient suite au déluge de la veille. Jivé et Côme se rendirent près du chariot de marchandise qu’ils avaient vu la veille, où le commerçant commençait à atteler ses chevaux, chantonnant d’un air gai et entraînant une chanson qu’aucun de nos deux héros ne connaissaient pas.
- J'ai un joli petit lot de noix de cocos, ti bili bili, qui se suivent comme des numéros... Des grosses, des laides, toutes à la file indienne…
- Heu… Excusez moi ? hésita Jivé
Le marchand parut surpris de voir des gens à cette heure, mais sourit tout de même.
- Dites donc les enfants, vous êtes bien matinaux ! Quel bon vent vous amène ?
Il avait un air joyeux et il semblait que rien ne pouvait altérer son moral au beau fixe.
- Et bien, expliqua Côme, nous aimerions nous rendre en SdA afin de rencontrer naglaglasson… C’est très important.
Jonatanio les regarda avec un regard bienveillant, sourit à nouveau de toutes ses dents, et répondit à Côme.
- Bien sûr ! Montez, je vous emmène ! Je rentre justement au pays !
Les enfants remercièrent le marchand, et à coup de « Yah ! », ils furent embarqués dans les vertes pâtures des terres d’Eragon en direction de ce pays qui, une fois de plus, devait sauver les habitants.

Le voyage dura presque une journée entière. Ils ne croisèrent quasi personne sur la route, et leur sommeil fut bercé au son des chansons de Jonatanio.
- Les enfants ? Réveillez-vous ! On est arrivé.
A vrai dire, ni Jivé, ni Côme n’avait déjà mis les pieds en dehors du sol de leur pays natal. Ainsi fut-ils surpris de voir le changement avec Eragon, qui était relativement un pays rural et où les habitants se connaissaient dans chacun des villages éparpillés sur les terres. Mais la ville où ils étaient semblait immensément grande : des maisons en bois s’étendaient à perte de vue, les gens semblaient tous heureux et semblaient tous s’amuser, et le tout était orchestré par une symphonie de cris et de rires : SdA offrait un spectacle incroyable à Jivé et Côme, le spectacle d’une cité médiévale en période de fête.
Jonatanio descendit de la charrette, et Jivé et Côme en firent autant.
- Venez, je vais vous présenter à naglaglasson.
Ils le suivirent ainsi à travers les différentes rues du village, où ils s’arrêtèrent plusieurs fois pour que Jonatanio puisse saluer des connaissances à lui. Ils arrivèrent à une place où d’innombrables personnes étaient rassemblées, et Jivé remarqua que deux personnes se tenaient plutôt à l’écart. Elle parvint à écouter la conversation de là où elle était, et il semblait que le premier essayait de convaincre le second de partir avec eux en voyage.
- Allons, ne fais pas ton rabat-joie ! Plus de la moitié du pays fait ce voyage jusqu’à Fasse-Bouque. C’est un très joli monde, tu sais. Et comme presque tout le monde s’en va, tu n’aurais rien à faire…
L’homme en face de lui mima un air de dégoût et lui répondit.
- Mes excuses, mais si toi tu as envie de retrouver le mec qui mangeait des fourmis dans ta classe de CE1, si tu te poses des questions existentielles du genre « Quelle tortue ninja es-tu ? Et quelle serait la couleur de ma barbe si je m’appelais Colette ? », si tu as envie de crier au monde ton amour pour les caniches nains, si tu as envie de participer à des pétitions du genre « 50.000 signatures et j’envoie une échelle par Colissimo à Cisla », si tu tiens absolument à ce que tes potes sachent que t’as mangé un Pepito à 14H27 : alors va sur Fasse-Bouque, en effet. C’est pas trop mon trip.
- Comme tu voudras.
Jivé trouva que le débat fut facilement gagné par le rebelle, mais elle fut assez admirative devant la répartie de ce dernier : il parlait vite, et de manière claire et concise. Et, il fallait qu’elle l’avoue, il était assez drôle dans ses répliques.
Elle regarda le groupe qui formait désormais un cercle parfait, et fut étonnée de ce qu’il se passa : un cercle bleu lumineux les entoura, et, un par un, ils se transformèrent en rayon lumineux qui fusa vers le ciel.
Jonatanio s’approcha de la personne qui n’avait pas voulu partir et sourit.
- Salut, naglaglasson ! Encore en train de lancer des Vane ?
Jivé et Côme furent surpris. Ils ne s’attendaient pas à ce qu’un chef d’état aussi important se promène parmi les habitants, et surtout qu’il ressemblait à ça : il était petit et avait une carrure qui tirait plus vers le clown que vers le chef d’état, qui plus est, un chef d’état qui pourrait les aider à retrouver Powun. L’espoir que Jivé avait eu la veille s’évanouit très vite.
- Ces enfants voudraient te voir et te parler.
- Heu… OK.
Le chef d’SdA semblait assez étonné.
- Bah on va aller au chaud chez moi ! Ca sent l’hiver…
- On est en Octobre… s’étonna Côme.
- Et alors ? Même si des irréductibles en tongs à la place du marché te soutiendront que « Maiiiis nan l'hiver c'est en décembre ». Le 20 ou le 21… Ou le 22. A moins que ce soit le 23 ou le 24, mais le 24 il y a déjà Jésus alors non, faut pas pousser Jésus dans les hosties.
Il éclata de rire, et devant le silence qu’il avait provoqué, il se reprit.
- Hum, bref. Ca sent l'hiver vous dis-je, certains signes ne trompent pas. Les papillons rendent leur dernier souffle sur la corolle flétrie de l’orchidée à l'agonie, ma mère fait de la soupe aux poireaux et des fois, je dors en chaussettes.
Sur ces mots, naglaglasson tourna les talons et se dirigea vers une rue adjacente. Jivé et Côme restèrent de marbre devant l’humour du chef d’état.
Après quelques minutes de marche, et après que la nuit fut tombée, ils arrivèrent à la maison de nagla. Elle était assez grande et plutôt luxuriante : ce qui, dans l’esprit de Jivé, ressemblait enfin à quelque chose qui le démarquait du reste de la population. Ils traversèrent plusieurs pièces et arrivèrent dans ce qui semblait être une salle du trône : il y avait d’ailleurs un large fauteuil qui faisait face à la pièce qui n’était pas meublée. Dans un socle d’argent se trouvait un sceptre, similaire à celui que Dylan avait mais dont la forme était différente. Nagla ouvrit une porte, et sortit une cape rouge, identique en tout point à celle que Dylan avait. Il l’enfila, soupira, et alla s’asseoir dans son fauteuil.
- Je vous écoute.

Jivé et Côme prirent leur temps, mais ils racontèrent tout, du début à la fin, à ce chef si particulier - d’ailleurs, en y réfléchissant un peu plus, Dylan n’avait pas non plus la carrure d’un chef d’état.
- C’est pourquoi, aujourd’hui, nous aimerions votre aide pour récupérer mon frère…
Jivé sourit aimablement, mais tristement. Nagla n’avait pas parlé durant le discours des deux amis, se contenta de faire vaciller ses sourcils aux moments opportuns, c'est à dire durant les moments épiques du récit. A la fin, il soupira.
- Dylan… Pourquoi a-t-il toujours des mauvaises idées ? Zut, alors, je l’ai côtoyé assez longtemps pour qu’il puisse être un peu plus perspicace. Après tout, je suis parfait et drôle, quoi… Vous savez que les Hôr-Chartes sont très très difficilement accessibles ?
- Oui, mais…
- Et qu’il est donc quasiment impossible de tenter quoique ce soit à leur égard ? Surtout pour des enfants comme vous ?
Pour la première fois, il semblait sérieux. Jivé perdit définitivement tout espoir, et des larmes coulèrent sur ses joues, derrière ses cheveux noirs qui étaient apparus devant son visage.
Mais nagla les regarda, soupira à nouveau et se leva, se dirigeant vers le même placard où se trouvait sa cape, quelques instants auparavant. Il sortit une photo et la lança aux enfants : elle représentait une plaie.
- Cette maladresse a failli me coûter un doigt à l’époque, expliqua nagla, après une collision sanglante avec un morceau de verre. Très vite, Madame Ma-Mère a déclaré qu'on était à 5 sur l'échelle des trucs dégueulasses. « On va t'amener te faire recoudre », alors que je pensais m'en sortir avec un petit bisou magique et un pansement Hap.
Je me voyais déjà amputé de la main, foutant en l'air ma potentielle carrière de grand lanceur international de javelot olympique du monde entier, encore une vocation étouffée dans l'œuf. J'étudiais la possibilité de me faire greffer un crochet à la place de ma main gauche quand le chirurgien est arrivé. Il a préféré ne pas me serrer la main, choix judicieux quand on voit comment j'ai pourri le carrelage du hall d'entrée.
On a atteint le comble du bon goût quand il a cru bon de signaler qu'il voyait mes tendons. Trop bien, passe leur le bonjour de ma part. Il a fait du point de croix sur mon annulaire et il est reparti vers l'infini et au-delà pour continuer paisiblement à disséquer des intestins de caniche ou que sais-je encore.
Nagla s’assit à nouveau dans son fauteuil, souriant.
- Excusez-moi, mais quel est le rapport avec mon frère ?
- Et bien, moi aussi je pensais ne pas y arriver, moi aussi je voulais directement abandonner, et pourtant, j’ai persévéré, et j’ai survécu. Je suis même revenu en héros !
Il semblait extrêmement fier de lui, alors qu’il n’y avait aucune raison.
- Mais vous avez dit que…
- Je sais ce que j’ai dit. Vous ne pouvez pas le faire. Pas tout seul, en tout cas.
Jivé fixa nagla dans les yeux qui avait repris un air sérieux. Il se leva, et alla regarder par la fenêtre les multiples lueurs émanant des fenêtres des maisons habitées.
- Il y a plusieurs mois, maintenant, commença nagla, une secte se créa et prit le nom des « Diables Rouges ». Leur but principal était d’usurper l’identité des chefs d’état et de semer le chaos dans leurs domaines. Pour parer à cela, deux chefs d’états s’unirent et parvinrent à infiltrer ce groupe de Hôr-Charte, contre toute attente, et ils parvinrent à démanteler la secte.
- Et comment ont-ils fait pour s’infiltrer dans un groupe de Hôr-Charte ? demanda précipitamment Jivé.
Nagla laissa un petit silence où il baissa la tête. Il se tourna vers eux, l’air désemparé, et sourit tout à coup, l’air joyeux.
- Aucune idée !
Souriant, il alla s’asseoir à nouveau sur son fauteuil. Côme prit la parole, pour la première fois depuis plusieurs minutes.
- Vous vous moquez de nous ?
- Mais non, laissez moi finir, insolents. Néanmoins, je sais comment vous pourrez obtenir des informations sur cette secte et la manière dont elle a été infiltrée.
A deux jours d’ici, vers le Sud, se trouve le deuxième pays où je suis chef : Le Royaume Communauté, où se trouve…
- … la cité de l’Information… finit Jivé.
- Exactement ! reprit nagla, souriant. Je dois partir demain. Vous vous joignez à moi ?

07/03/2010Youghy62

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