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Article de la Gazette

Le Monde d'Eforom : Episode 4 : Une tyrannie d'utilité publique

Dans les épisodes précédents...
Malgré la bataille, les Hôr-Chartes continuent de sévir à travers le monde d'Eforome. Attaquant la République Eragon, ils enlevèrent le jeune frère de Jivé, Powun. Avec l'aide d'un de ses amis, Côme, elle décida de partir à sa recherche en arpentant les terres d'Eforome, comptant bien se faire aider par ses habitants. La première personne à l'aider fut naglaglasson, souverain de SdA, territoire voisin d'Eragon.
Ensemble, ils se rendirent au Royaume Communauté, véritable carrefour de l'information, où ils rencontrèrent d'autres personnes capables de les aider. Ils finirent par se mettre d'accord sur leur prochaine destination : pour savoir ce que les Hôr-Chartes manigancent, il fallait trouver ce fameux prophète, qui se trouvait, paraitrait-il, dans les territoires du Pluss-Trentessinq...



- Mais quel idiot… Quel idiot !
Jivé et Côme furent réveillés de bonne heure par les cris de nagla qui fulminait en tournant en rond dans le palais du Communauté, proférant des insultes à tout bout de champs.
- Quel abruti… Rah, quelle idée aussi j’ai eu ! Ouais, bah d’abord, ta mère, c’est Phil Collins.
Puis, voyant les enfants en plein milieu de la pièce regarder curieusement le roi insulter quelqu’un qui n’était pas là, nagla sourit et se tut.
- Bien dormi ?
- Heu… Ouais… Qu’est-ce qu’il vous arrive ? interrogea Jivé.
Nagla soupira, haussa les épaules et répondit :
- Oh, rien d’inhabituel. Youghy m’avait dit qu’il reviendrait dans la nuit, et il est absent, comme d’habitude. Je me demande quelle excuse il va encore inventer… « J’avais piscine » et « Ma religion me l’interdisait » serait carrément son genre…
- Alors, on ne s’en va pas ? s’inquiéta Côme.
- Mais si, on va y aller quand même. Je l’ai prévenu que je m’en allais, il m’a promis de revenir dans la journée… Il viendra, je suppose… Je crois… J’espère…
Nagla s’assit et souffla, disant à Jivé et Côme qu’ils pouvaient se servir à manger, et qu’ils partiraient dès qu’ils seraient prêts.

Un peu moins de deux heures plus tard, tout le monde était habillé et prêt à partir. Nagla attelait ses chevaux quand Avril, l’homme qu’ils avaient été voir la veille, s’approcha.
- Ah, enfin tu es là ! s’exclama nagla.
Avec la même nonchalance que la veille, Avril lui répondit :
- Pour m’excuser du retard, je te danserais la lambada déguisé en Snickers. C'est pour moi, ça me fait plaisir.
Puis sans un autre mot, il monta dans la charrette et s’assit, en croisant les bras. Quelques minutes plus tard, ils étaient partis en direction des territoires du Pluss-Trentessinq.
Jivé ne tarda pas à poser quelques questions sur ce fameux lieu.
- Ils sont comment les habitants, là-bas ?
Avril éclata de rire, et leur répondit aussitôt.
- Alors que la femelle préfère les jupes écossaises et les chaussettes violettes, le mâle affectionne les gilets en laine et les chemises à carreaux. Affectueux et espiègles, ils restent joueurs malgré leur grand âge. Ainsi, ils n'hésitent pas à taper une sieste dans les rayons surgelés ou encore à cacher sournoisement le Stéradent de mamie. Niveau activité, ils affectionnent la chasse à la gallinette c0endrée, la promenade quotidienne de Kiki et, plus subtile, l'admiration béate du mur de la salle à manger en écoutant l'horloge qui fait tic-tac. Et plus fascinant, ils adorent l’émission « Des chiffres et des lettres ». Souvent, mamie s’extasie de « Ballotin » en huit lettres alors que t’as pagayé deux heures pour « Bol », en trois lettres.
Avril soupira de nouveau, et se cala au fond de son siège.
- Ça fait combien de temps que tu n’y es pas allé, Avril ? demanda nagla.
- Je n’y suis jamais allé, en fait.
- Ça se voit. Tu seras sans doute surpris de ce que tu vas voir.
Il haussa les épaules et se mit à admirer avec un certain intérêt le décor. Dans sa tête, Jivé eut un constat simple : sa question restait toujours sans réponse.

La nuit commençait à tomber lorsqu’ils arrivèrent à la lisière d’une épaisse forêt. Nagla arrêta les chevaux et descendit de la charrette.
- On continue le reste à pied, on est bientôt arrivé.
Ils s’engouffrèrent tous les quatre dans la forêt, où le rayon de la lanterne allumée par nagla ne suffisait pas à voir deux mètres à la ronde.
- Restez groupés…
Mais à peine eut-il le temps de finir sa phrase que plusieurs personnes les encerclèrent, et sans leur donner le temps de faire quoique ce soit, les quatre aventuriers se retrouvèrent au sol, un sac sur la tête…

-« Tiens Avril, j’aurais besoin de toi demain, tu pourrais m’accompagner s’il te plaît »… Quelle merveilleuse idée tu as eu là, nagla.
Ils se trouvaient désormais dans une cellule qui se situait dans une cave lugubre. Ils avaient été amenés là après avoir été capturé dans la forêt. Cela faisait plusieurs heures qu’ils croupissaient là, sans rien avoir eu à boire ni à manger.
- Mais ça va Avril, tu sais bien que je suis doué pour me retrouver dans des situations compliquées contre ma volonté… Tout le monde m’envie ce don depuis la troisième année de maternelle.
- Vous croyez que vous allez pouvoir nous sortir de là ? demanda Côme.
- Et bien en fait… Ce talent énorme ne laisse que peu de place à la lecture de « S’enfuir quand on est pris au piège pour les nuls »… Du coup…
Nagla fut coupé par le bruit d’une lourde porte qu’on ouvre. Deux hommes plutôt musclés se trouvaient là, devant eux.
- Debout. On vous emmène.
- Vous nous emmenez où, au juste ? demanda Avril.
- Pose pas de questions.
- Ah excusez-moi, je savais pas que c’était impoli de poser une question aux gens qui nous ont capturés.
Il leur sourit et se leva avec les trois autres. Ils avancèrent, sortirent de la cave et montèrent plusieurs étages. Chaque étage était un peu plus luxueux que le précédent. La dernier, où ils se trouvaient, comportait un unique couloir éclairé par d’immenses lustres de verre. Le sol était recouvert d’une épaisse moquette rouge, et d’immenses fenêtres donnaient une vue imprenable sur une ville illuminée. Les six personnes longèrent le couloir pour arriver devant de grandes portes. L’homme qui les menait se tourna vers eux juste avant d’ouvrir la porte.
- Vous ne l’appellerez que Monsieur Papimodo ou Monsieur tout court, vous ne vous assoirez que quand il vous y aura invités, et vous ferez des phrases courtes et droit au but, suis-je clair ?
- Transparent, répondit Avril dans un sourire.
Dans un regard douteux, l’homme ouvrit les portes et s’avança. Ils se retrouvèrent dans une immense salle de trône, où était assis un homme aux traits usés par l’âge et l’expérience.
- Salut Canaillou, comment tu vas ? lança Avril à l’homme assis sur le trône.
- Espèce de… commença l’homme musclé qui l’avait prévenu de se taire.
- Vieuchnok, ça suffit !
L’homme, qui devait sans doute être le fameux Papimodo dont Vieuchnok parlait, se leva et s’avança vers les prisonniers. Il était habillé comme un prince, et arborait des bijoux dont la valeur devait sans doute dépasser l’imaginable. Il se mit devant Avril, sourit, et lui assena un coup dans le ventre.
- Qu’on soit clair, vaurien, les gosses dans ton genre n’ont jamais réussi à atteindre mes terres et jamais ils ne réussiront. Mon peuple continuera de résister aux assauts, est-ce bien clair ?
- Et est-ce qu’il résistera à une guerre avec le Royaume Communauté ?
Jivé et Côme tournèrent leur tête vers nagla. En temps normal, son ton est assez léger, plutôt amusant. Là, il avait une intonation sérieuse et calme, donnant au souverain une toute autre importance : quand on ne pouvait deviner qu’il était roi dans ses domaines, on pouvait aisément penser qu’il occupait une place importante sur Eforome quand il parlait de cette manière.
Papimodo s’avança vers lui, et lui demanda :
- Qui es-tu ?
- Je suis naglaglasson. Et je suis roi du Communauté. Papimodo, selon la charte d’Eforome, en aucun cas tu as le droit de faire prisonniers des gens venus dans un but pacifique. Qui plus est, selon la charte des souverains établis par les Admins eux-mêmes, dans le but de laisser une apparente paix sur Eforome, toute attaque envers un autre souverain est sévèrement puni. En d’autres termes, tu enfreins deux des plus importantes règles des deux chartes que tu dois respecter… Tu crois que le Réclamations entendrait mes prières, papimodo ?
Nagla sourit, et quelques secondes de silence après, Papimodo ordonnait leur libération.

- Vous auriez dû vous annoncer, au lieu d’arriver en pleine nuit par les forêts.
Le lendemain, après avoir été logé et nourri dans le palais de papimodo, Jivé, Côme, Avril et nagla avaient été convié à une visite de la ville principale en compagnie de leur ancien bourreau, qui s’était platement excusé.
- Nous avons été pressés par le temps, à vrai dire, répondit nagla. Mais j’aimerais savoir : qu’est-ce qui vous amène à agir de la sorte et à fermer vos frontières ?
Papimodo sourit.
- La mesure ne vient pas de moi - bien que je sois entièrement pour. La Mère Denis et la reine Paradize avaient déjà fermé les frontières avant mon arrivée.
- Ça nous dit pas en quoi vous êtes pour. On vous demande combien « 2 + 2 » font, vous nous répondez pas « Ça fait pas 5 »… s’exclama Avril.
- Et bien depuis la chute de l’Empire Blabla, des… rivalités se sont créées entre différentes provinces. La plus grande résidant entre le Blabla 1518, et les territoires du Pluss-Trentessinq. Cela dit, comme vous vous en doutez, jamais mon peuple ne fera le poids face à l’armée titanesque que les 1518ans ont. Malgré les efforts des souverains là-bas, le peuple est fermement décidé à récupérer ces terres.
- Mais c’est stupide… remarqua Jivé. De ce que j’en ai lu, même au temps du grand empire, les deux régions ne communiquaient pas…
- C’est exact : nous avons d’autres coutumes, d’autres religions, d’autres modes de vie et surtout d’autres règles. Ils peuvent venir ici, je ne les interdis pas, seulement sous certaines conditions strictes. Nous ne voulons pas de débordement, et malheureusement, des guerres éclatent malgré tout, parce que les 1518ans persistent dans leur idée à récupérer ces terres qui ne leur seront absolument d’aucune utilité.
- Vous avez donc instauré une tyrannie ? demanda nagla.
- La tyrannie est un bien gros mot. Je partage mon pouvoir, premièrement. Et deuxièmement, seule ma politique d’affaires étrangères peut être qualifiée de tyrannique. Mon peuple n’a rien à redire… Disons que c’est une tyrannie… d’utilité publique.
Papimodo sourit avec bienveillance, s’éclaircit la voix et dit :
- Mais dites moi, en quoi ai-je mérité la visite d’un roi et de trois de ses fidèles ?
Avril éclata de rire.
- Et bien en fait, nous cherchons un prophète… répondit nagla, sans prêter attention aux éclats de rire d’Avril, qui ne cessait de répéter « Fidèle » en riant de plus belle. Et nous avons entendu dire qu’un vivait ici…
- Il ne vit plus ici depuis des lustres, répondit Papimodo… Puis-je savoir en quoi vous en avez besoin ?
Nagla entreprit donc de lui raconter toute l’histoire.
- Je vois… Il ne vit plus ici, cela dit, il a été aperçu récemment sur Fopo.
- Fopo ? Mais c’est à deux semaines de marche !
Papimodo sourit.
- Vous savez qu’il y a un moyen de rejoindre Fopo en moins d’une journée ? Headspin, un des résidents de ces terres, tient une boutique de Favoris. Ce sont de grands chevaux ailés permettant de voyager surement et rapidement… Allez le voir, et dites lui que vous venez en mon nom. Il vous en donnera pour que vous ayez plus vite. Prenez ça comme… Un cadeau diplomatique pour m’excuser de votre enfermement…

01/11/2010Youghy62

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